Le Baromètre QUALITEL 2025 vient de sortir. Cette étude française, réalisée auprès de
3.680 Français, est consacrée cette année aux aléas climatiques et au logement. Même si ses résultats concernent la France, ils font écho à des enjeux largement partagés de part et d’autre de la frontière : fortes chaleurs, inconfort d’été, dégâts liés aux événements climatiques et besoin d’adapter le bâti existant.
Quand on parle de rénovation énergétique, on pense souvent à l’hiver : limiter les pertes de chaleur, réduire les consommations, améliorer l’isolation. Mais face à l’intensification des aléas climatiques, une question devient tout aussi essentielle : comment garder un logement confortable en été, sans multiplier les équipements énergivores ?
Selon cette étude, 86 % des Français ont déjà été confrontés à au moins un aléa climatique dans leur logement au cours des dix dernières années, avec ou sans dégât matériel. La canicule arrive en tête des phénomènes vécus, et 66 % des Français déclarent avoir déjà eu des difficultés à supporter la chaleur dans leur logement actuel.
Ces chiffres confirment une réalité de terrain : un logement rénové doit être performant en hiver, mais aussi agréable à vivre lors des épisodes de chaleur. L’enjeu n’est donc pas seulement de consommer moins. Il est aussi de concevoir des logements capables de protéger leurs occupants, été comme hiver.
Penser le confort d’été dès le projet de rénovation
Avant d’ajouter une climatisation, il existe de nombreux leviers plus sobres, souvent complémentaires, à intégrer dans une rénovation.
Premier réflexe : limiter l’entrée de chaleur.
Les protections solaires extérieures — volets, stores, brise-soleil, débords de toiture, végétation — sont généralement plus efficaces que les protections placées à l’intérieur, car elles bloquent le rayonnement solaire avant qu’il ne traverse le vitrage.
Deuxième point d’attention : préserver ou améliorer l’inertie du bâtiment.
Certains matériaux et modes constructifs ont une meilleure capacité à stocker temporairement la chaleur - On parle alors d’inertie et de déphasage - , ce qui peut ralentir la montée en température intérieure. Dans un projet de rénovation, le choix des matériaux, des isolants et des finitions doit donc être pensé en lien avec le comportement thermique global du logement.
Troisième levier : organiser la ventilation et le rafraîchissement nocturne.
Lorsque les températures extérieures baissent la nuit, renouveler l’air peut aider à évacuer une partie de la chaleur accumulée. Mais cela suppose de réfléchir aux circulations d’air, aux ouvrants, à la ventilation et aux usages réels du logement. Une bonne rénovation ne se limite pas à rendre le bâtiment plus étanche : elle doit aussi garantir un renouvellement d’air adapté et maîtrisé.
Enfin, le confort d’été se joue aussi à l’échelle des abords du bâtiment.
Désimperméabilisation, végétalisation, ombrage, limitation des surfaces minérales exposées au soleil. Ces choix contribuent à réduire les surchauffes autour du logement et améliorent le cadre de vie.
Un enjeu pleinement transfrontalier
Même si le Baromètre QUALITEL analyse la situation française, les constats qu’il met en évidence résonnent fortement avec les réalités rencontrées en Belgique.
En France comme en Belgique, les professionnels du bâtiment, les collectivités, les formateurs et les habitants font face aux mêmes questions : comment rénover le parc existant pour le rendre plus sobre, plus durable et plus résilient ?
Les réponses ne sont pas uniquement techniques. Elles passent aussi par le partage d’expériences, la montée en compétence, l’observation des pratiques et la diffusion de solutions adaptées aux réalités locales. C’est tout l’intérêt d’une approche transfrontalière : croiser les savoir-faire, comparer les méthodes, tester des solutions et construire une culture commune de la rénovation efficiente, durable et circulaire.
À retenir
- Une rénovation réussie ne doit pas seulement réduire les consommations
d’énergie. Elle doit aussi améliorer le confort, préserver la santé des occupants et préparer le logement aux conditions climatiques de demain.
- Avant de rénover, posons donc systématiquement la question : ce logement sera-t-il confortable en hiver, mais aussi vivable en été ?
Pour aller plus loin :
le rapport Baromètre QUALITEL 2025, Aléas climatiques & logement.Télécharger une infographie de l’étude :

